Les excès du sport

Depuis que le sport n’est plus seulement un jeu pratiqué par des amateurs, il connait bien des excès. Et certains sont graves.

Si on prend l’exemple du plus ancien des sports professionnels et de sa vitrine, la Coupe du Monde de football, les dérapages ne manquent pas.

Parfois, le football, c’est la guerre !

  • Racisme – Les conséquences disproportionnées de certaines défaites comme celle en finale du Brésil contre l’Uruguay à Maracana en 1950 : Le gardien, Barbosa, fut accusé de tous les maux, mis au ban de la société et on a même dit que sa mauvaise prestation venait du fait qu’il était noir, donc moins intelligent. En 1954, la sélection brésilienne était déjà beaucoup plus « blanche » … mais la sélection de Pelé et Garrincha en 1958 ne tint qu’à un fil : la prise de parole de Didi pour les imposer !
  • Violence – On se rappelle le destin tragique de ce défenseur colombien, assassiné sur le parking d’un bar quelques semaines après la coupe du monde 1994. La raison de ce crime : un but contre son camp face aux Etats-Unis.

Parfois, on perd tout sens moral :

  • Triche – Le comportement de certaines équipes comme le Pérou qui fut « acheté » pour encaisser 6 buts de l’Argentine pour permettre la qualification de cette dernière – pays organisateur – pour les 1/8èmes de finale en 1978.
  • Triche (bis) – Christian Synaeghel peut se vanter d’avoir inventé un geste qui a fait école : la simulation de faute pour obtenir un penalty. Et depuis les années 70, on sait que les footballeurs ne sont plus des manchots, ils jouent aussi avec les mains, pour tirer les maillots.
  • Dopage – Des enfants des footballeurs algériens des équipes des Coupes du Monde 1982 et 1986 sont nés handicapés.
  • Anti-sportivité – Lors du match entre la RFA et l’Autriche en 1982, les 22 joueurs faisaient tourner le ballon dans le rond central pour assurer la qualification des 2 équipes aux dépens de l’Algérie.
  • Arbitrage partial – Les arbitrages contestables et contestés comme celui de Monsieur Corver en demi-finale à Séville en 1982 qui n’exclut pas Schumacher après son agression sur Battiston. Ou celui de Miroslav Stupar, qui donne raison au cheikh Fahid Al-Ahmad Al-Sabah, frère de l’émir du Koweït et président de la Fédération qui descend sur le terrain pour demander l’annulation d’un but ! Monsieur Stupar a été banni par la Fifa ! Ou celui de l’arbitre qui accorde le but de la main de Maradona en 1978. Ce n’étaient pas là des erreurs d’arbitrage pardonnables mais bien les conséquences d’intérêts financiers ou politiques pour avantager le pays organisateur, se venger (parfois d’une guerre perdue), ou simplement peut-être pour gagner ou faire gagner beaucoup d’argent.

On conclura sur le football avec ce qu’a dit Jean-Pierre Papin au début des années 2000: « le footballeur professionnel fait un métier, il ne joue plus au foot ! Rien que le dire me bouleverse et me fait peur ! ».

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En ce qui concerne les autres sports on n’en est pas encore là. Mais on peut craindre pour l’avenir quand on constate que :

  • Comme au foot, la fréquence des transferts dans le basket et dans le rugby fait qu’il est devenu souvent difficile de s’attacher à une équipe. Les supporters ne connaissent plus les joueurs de leur équipe favorite.
  • Connors et McEnroe ont inventé la grossièreté sur un court de tennis et l’ATP a dû rayer du règlement toute subjectivité chez les arbitres pour juger les comportements.
  • Les vélos motorisés apparaissent, en plus du dopage institutionnel, dans le cyclisme.
  • La natation qui est pourtant le seul sport où l’équipement individuel pourrait ne pas influencer la performance a gâché cette opportunité avec la polémique sur les 16 records du monde (sur 17) battus avec la combinaison Speedo en mars 2007 !
  • Les dopés sont toujours en avance sur les instances qui le combattent. Il faut « la tolérance zéro ». Si on est pris sur le fait ou rétroactivement, on doit rendre l’argent gagné, les médailles et ne plus avoir le droit de faire du sport en compétition. En 2014, Martin Fourcade disait : « le dopage est criminel, c’est un vol, il faut rembourser. Actuellement, si vous êtes pris, si vous avez triché et menti, vous ne rendez pas l’argent, vous sortez un bouquin pour vous en faire plus et vous devenez commentateur télé ! »
  • Les « épidémies » de SLA (maladie de Charcot) chez des footballeurs italiens et des rugbymen sud-africains.
  • Les handicaps à la naissance des enfants de nageuses est-allemandes des JO 1980 (cécité, malformation…). Les travers de l’âme humaine y sont sûrement pour quelque chose mais le professionnalisme est évidemment aussi responsable.
  • « Citius, altius, fortius ». Plus vite, plus haut, plus fort. Quelle erreur ce fut de décider que ces mots deviendraient la devise olympique ! Ce qui compte c’est d’être le meilleur à un moment donné dans un endroit donné. Les records sont une incitation aux abus de toute sorte.
  • Comme l’a écrit Dominique Bourg : « l’argent était un moyen, c’est devenu une finalité ». Un sportif amateur se fait plaisir ; un sportif pro fait plaisir à ses supporteurs et aux spectateurs, moins à lui !

C’est pour éviter tous ces excès que le sport doit rester un jeu.

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