Senior et professionnel

Pour un joueur de tennis, être senior et professionnel peut sembler paradoxal. C’est pourtant le cas d’environ 500 joueurs et joueuses dans le monde.

Le circuit ITF (Fédération Internationale de Tennis) senior existe depuis une quarantaine d’années et s’est beaucoup développé depuis 10 ans. Son modèle est le circuit ATP (règlement, tableaux, classements). La grosse différence est qu’il prend en compte l’âge des joueurs par tranches de 5 ans.

En tennis il faut avoir 35 ans pour être déclaré senior. Rares avant 50 ans, les «seniors professionnels» sont plus nombreux entre 60 et 75 ans ; ce sont des hommes pour la grande majorité.

Les motivations

La première est le jeu. Quel plaisir de pratiquer le plus beau des sports quand on a le temps de s’entraîner et de voyager ! Mais les 25000 joueurs et joueuses qui fréquentent ce circuit ont l’embarras du choix pour définir des objectifs plus sportifs.

Plus de la moitié jouent pour progresser au classement mondial (simple, double, mixte) et veulent donc franchir le maximum de tours dans des tournois qui sont répartis en 6 catégories suivant le nombre de points qu’ils rapportent. Les championnats du monde rassemblent environ 1500 joueurs chaque année.

Une grande partie profite de ce circuit pour voyager et découvrir de beaux endroits tout en pratiquant leur passe-temps favori. Pour 20% environ, c’est même leur principale motivation.

Une minorité, les meilleurs, souvent anciens très bons joueurs -Coupe Davis, tournois du grand chelem- ont une vraie vie de joueur professionnel. Programmation des compétitions, gestion du budget (billets d’avion, invitations, sponsoring, prize-money), entraînement physique, nutrition, suivi médical … tout est optimisé.

Ils sont principalement motivés par la conquête de titres comme ceux de champion du monde accordés chaque année par l’ITF dans 11 catégories d’âge pour chaque sexe, par équipes nationales et en simple, double messieurs, double dames et double mixte.

Bien que certains tournois accordent des prix en espèces ou des remboursements de frais aux lauréats, l’argent distribué n’est pas assez important pour être une motivation. Les championnats du monde donnent seulement 800 $ au vainqueur du simple.

Mais les meilleurs parviennent à parcourir le monde sans affecter leur patrimoine. Ils le méritent bien car ils se préparent d’une manière parfois plus professionnelle que certains joueurs du top 100 ATP ! Ils ne doivent rien négliger quand on sait que le format de jeu des seniors est le même que sur le circuit pro : 2 sets gagnants, tableaux de 128, même temps de repos entre les points ou les sets etc.

Le niveau de jeu

D’anciens habitués des parties finales de tournois du grand chelem ou de Coupe Davis jouent le circuit ITF senior. Ils sont souvent, les meilleurs, mais pas toujours. Ils se font battre parfois par d’anciens bons joueurs qui n’ont pas choisi de faire une carrière pro et qui, la retraite arrivée, prouvent qu’ils en avaient le niveau.

Plus rarement ils peuvent perdre aussi contre d’anciens champions d’autres sports qui n’ont commencé leur carrière tennistique qu’à l’âge mûr et qui ont rattrapé le temps perdu. Certains le supportent mal ! Ce n’est pas le cas des Anglais Mark Cox et Roger Taylor (anciens top 10 ATP) qui n’ont jamais réussi à être classés dans les 3 meilleurs de leur catégorie d’âge en senior mais qui jouent régulièrement sur le circuit international.

Dès les premiers championnats du monde seniors (créés en 1981), on a vu régulièrement des vainqueurs en simple de tournois du grand chelem. Owen Davidson (vainqueur du simple à Roland-Garros en 1957) fut le premier champion du monde 45 ans. Depuis, la présence de ces grands champions a diminué mais Frank Sedgman, Istvan Gulyas, Jose-Luis Clerc, Victor Pecci, Harold Solomon, Michael Pernfors ou Anders Jarryd ont réussi à être sacrés en simple.

Le niveau de jeu est évidemment lié à l’âge et, si les meilleurs quadragénaires pourraient passer des tours dans des tournois futures, voire des challengers, les meilleurs des sexagénaires valent un milieu de seconde série, quelque chose comme 2/6.

Les spectateurs de ce circuit reconnaissent qu’ils offrent souvent un bien meilleur spectacle que les joueurs de l’ATP et les joueuses de la WTA. Cela s’explique. Les «anciens» avaient l’habitude de jouer avec des petits tamis de plus de 380 grammes cordés en boyau et utilisaient donc la volée et les coups en toucher beaucoup plus souvent que les champions actuels qui frappent très fort avec leur raquette de 320 grammes au tamis agrandi et leurs cordages qui « pardonnent ». Leur jeu complet leur permet de varier les coups et les tactiques.

Un paradoxe : il existe chez les seniors de très bons joueurs qui, pourtant, sont mal classés !

Ils ne peuvent enchaîner les matches à cause d’une condition physique insuffisante. Ils ne supportent pas la succession de matches rapprochés. C’est souvent dû à une surcharge pondérale ou à une articulation en mauvais état ! Ces joueurs se spécialisent dans les compétitions par équipes de club, sponsorisées par de généreux donateurs dans certains pays européens. On y retrouve de nombreux anciens Top 10 qui ne veulent plus faire les sacrifices qui ont jalonné leur première vie .

BR – 6 octobre 2018

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